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Les perturbations du jeûne


Lorsque vous jeûnez, votre métabolisme ralentit. Les organes digestifs sont au repos et les autres organes liés à l’assimilation de la nourriture comme le cœur, les poumons, les glandes et les muscles ralentissent. Seuls les organes qui éliminent les toxines accélèrent leur activité.

Durant le premier jour de jeûne, votre organisme épuise le glucose présent dans le sang, provenant des derniers aliments ingérés. Ensuite, il se nourrit de vos réserves. Il commence par puiser dans vos acides aminés, mais soyez sans crainte, d’une part, il s’agit des protéines glyquées, caramélisées, détériorées et d’autre part, c’est une solution temporaire, (généralement 24 heures), le temps que votre organisme comprenne ce que vous faites. Ensuite, il transforme vos triglycérides logés dans vos réserves de graisses en corps cétoniques, votre carburant toute la durée de votre jeûne. Cette auto-combustion (autolyse) s’accompagne de quelques manifestations.

Des médecins californiens ont voulu connaître les effets indésirables du jeûne, et de la reprise de l’alimentation qui suit le jeûne. Ils ont analysé 768 dossiers de visites de personnes (652 patients) ayant participé, dans une clinique californienne à un jeûne médicalement supervisé entre 2006 et 2011. La majorité des jeûnes (446) durait 2 à 7 jours. Dans 238 cas, le jeûne a duré 8 à 14 jours, et dans 64 cas de 14 à 21 jours. Il y a eu 20 jeûnes de plus de 22 jours, dont un de 41 jours.

> Pourquoi les patients jeûnaient ?

Les raisons ayant poussé des personnes à jeûner étaient, par ordre décroissant :

.la prévention des maladies, la fatigue

.les troubles cardiovasculaires, principalement hypertension

.l’arthrose, les problèmes osseux, les douleurs musculaires

.les troubles gastro-intestinaux dont colite, gastrite, constipation

.les troubles hormonaux et métaboliques : thyroïdite, diabète, troubles de la glycémie et des lipides sanguins

.les problèmes neurologiques (maux de tête, neuropathies, vertiges)

.les troubles génito-urinaires

.les troubles psychiatriques (dépression, anxiété, difficulté à se concentrer)

.les troubles pulmonaires

.les problèmes oculaires, d’audition, du nez et de la gorge

Parmi les effets indésirables relevés dans les 768 dossiers médicaux, 555 étaient de grade 1 à 2, 212 de grade 3 et un seul de grade 4. Il n’y a eu aucun effet indésirable de grade 5. La majorité (75%) étaient légers.

.Grade 1 (léger) : N’affecte pas l’activité quotidienne habituelle du patient. Signes ou symptômes ne nécessitant le plus souvent aucun traitement.

.Grade 2 (modéré) : Perturbe l’activité quotidienne habituelle du patient. Nécessite, le plus souvent, un traitement médical ambulatoire sans interruption du traitement.

.Grade 3 (sévère) : Empêche l’activité quotidienne habituelle du patient. Nécessite un traitement avec hospitalisation et/ou un arrêt du traitement supérieur ou égal à 4 jours.

. Grade 4 (très sévère) : Menace le pronostic vital. Impose des mesures de réanimation.

. Grade 5 (décès) : Complication mortelle.

> Ce dont les jeûneurs se sont plaints

Dans cette étude, les plaintes étaient associées à la durée du jeûne. Les plaintes les plus fréquentes étaient la fatigue (48,2% des plaintes), les nausées (32,2%), l’insomnie (33,5%), les maux de tête (30,1%), la dyspepsie (25,9%), les douleurs dorsales (25,7%). Ces plaintes étaient principalement de grade 1 et sont souvent recensées pendant un jeûne prolongé. La présyncope a fait l’objet de 28,3% des visites ; c’est un effet indésirable connu du jeûne (la crise curative), le plus souvent de grade 2. Pour les autres effets indésirables recensés, il est difficile de savoir si ces plaintes sont liées au jeûne lui-même ou à l’état de santé des patients avant le jeûne. En effet, ils se superposent avec les raisons mêmes qui ont amené ces personnes à jeûner. Les auteurs de cette étude concluent que la majorité des effets indésirables constatés pendant un jeûne hydrique prolongé sont légers à modérés et sont des réactions bien connues à ce type de jeûne.

Comprendre et soulager les perturbations liées au jeûne ?

. Le poids : Sa perte n’est pas en continue mais par paliers. Mais en moyenne, on perd entre de 3 à 6 kilos par semaine de jeûne (150 à 200 gr de graisse par jour). Si la balance n’enregistre pas cette diminution, c’est en général à cause d’une rétention passagère de sel et d’eau (prendre tisane d’ortie) ou d’un phénomène avant les menstruations. Dans de rares cas, la stagnation du poids pendant plusieurs jours peut suggérer une hyperthyroïdie ou d’un manque total de lâche prise, du refus inconscient de jeûner. La personne doit être accompagnée.

. L’hypoglycémie, étourdissements : Durant un jeûne, il faut être actif tout en évitant les efforts maximums qui requièrent comme carburant le sucre. La marche est pour cela particulièrement conseillée pour ne pas faire trop d’efforts et s’exposer ainsi à une hypoglycémie qui se manifeste par une forte fatigue après l’effort et les courbatures. Remède : repos et abondance de boissons avec du miel. Attention aux étourdissements au réveil : s’assoir d’abord sur le lit et se lever lentement.

. La tachycardie : Le cœur permet au sang de fournir de l’oxygène et du glucose aux cellules et aussi d'évacuer les déchets engendrés. Et comme il est le reflet de ce que vit l’organisme, lorsqu’il y a un travail intense d’élimination, les pulsations peuvent s’accélérer et redevenir stables. Généralement passagers, ils peuvent apparaître en raison de l’élimination d’eau et de minéraux les premiers jours. Prendre un bouillon additionné d'une pointe de sel ou une supplémentation en potassium et magnésium.

.La fatigue : Le ralentissement des fonctions musculaires et relationnelles entraine un relâchement. Plus un jeûneur sera toxémique et plus il pourra être fatigué. En revanche si un jeûneur se sent en forme, cela ne veut pas dire qu’il n’a pas de toxines à éliminer mais que ses réserves énergétiques sont suffisamment importantes pour procéder au travail d’élimination sans générer un état de fatigue. Du repos donc. En cas d’hypotension, l’exercice physique et les ablutions froides sont indiquées ainsi qu’un petit peu de thé noir ou vert.

.Les nausées : Le jeûne peut générer des nausées passagères qui disparaissent spontanément (soulager avec des huiles essentielles de menthe). Si les nausées persistent, il peut s’agir d’hypoglycémie (prendre un peu de miel). Au cours d’un jeûne, le foie devient un extracteur en puissance. La bile va être produite en quantités accrues et peut provoquer des vomissements. Vous pouvez soulager en prenant du repos au calme avec l’application d’une bouillotte sur la région abdominale et une tisane à la menthe.

.Inflammations de la peau, douleurs et maladies de réactivé : Le jeûne peut entrainer le réveil d’anciennes maladies, qui n’aurait pas été complétement guéries. La peau peut être irritée par une transpiration chargée de toxines, d’acides et de substances allergènes et médicamenteuses libérés pendant le jeûne. Bien nettoyer et sécher les parties irritées, prévoir des crèmes apaisantes en fonction de votre type de peau.

.Sensation de froid et chaud : La température n’augmente pas durant un jeûne. Les sensations de froid ou de chaud reflètent le travail d’élimination des toxines. La chaleur normalement dégagée pendant le travail digestif est absente et la production d’hormones thyroïdiennes est légèrement réduite. Pour y remédier, se couvrir, boire chaud (décoction citron/gingembre), faire un sauna, de l’exercice.

.Insomnies, altération du sommeil : Il peut être difficile de s’endormir. L’organisme n’a plus à investir de l’énergie pour digérer. Les activités intellectuelles et musculaires sont ralenties. Les crises peuvent déclencher des tensions musculaires. Le taux de sucre dans le sang est bas. En revanche, il est plus facile d’atteindre un sommeil profond et les rêves sont alors perçus comme plus nombreux. Accepter et accueillir les pensées, respirer profondément, profiter de l’énergie du petit matin.

.La constipation : Après la digestion du dernier repas précédant le jeûne, les intestins continuent à fonctionner régulièrement, durant les trois ou quatre premiers jours. Sauf que le corps va utiliser ce qui lui reste d’énergie vitale pour éliminer ses toxines en excès plutôt qu’à l’évacuation des déchets. Il y a deux écoles. Certains vont préférer se débarrasser des matières à l’aide de la purge, des lavements ou de d’irrigations du colon. D’autres vont considérer qu’il n’y a pas de danger, les selles devenant stériles et patienteront jusqu’au retour d’un transit normal.

.L’urine chargée : En début de jeûne, l’urine est sombre, abondante et mal odorante car chargée en urée, en pigments biliaires et en phosphates. Au fur et à mesure du jeûne, elle redevient claire, moins abondante et moins acide.

.La langue se charge : La langue et l’haleine sont représentatives de ce qui se passe dans l’appareil digestif. L’appareil digestif étant au repos, les intestins deviennent des organes extracteurs au même titre que les reins, les poumons, la peau et le foie. Les toxines vont traverser les parois de l’intestin du milieu interne vers le milieu externe. Du coup, La langue devient blanche et chargée durant le jeûne, puis propre au terme de l’expérience, une fois le corps détoxiné. Bien se brosser les dents et la langue.

.L’haleine devient forte : Pendant le jeûne, le gaz carbonique évacué diminue puisque le métabolisme est ralentit. L’haleine devient fétide (utiliser un produit naturel de rinçage buccal). Lorsqu’elle redevient fraîche, cela veut dire que le travail d’élimination est terminé.

.Bouche sèche : Probablement une conséquence du déséquilibre minéral, spécialement en cas de diminution de potassium qui est abondant dans la salive. Boire beaucoup, utiliser un baume à lèvre, et envisager un apport de minéraux.

.La sueur : elle va se concentrer en sels minéraux en début de jeûne, ce qui peut la rendre plus odorante.

.Maux de tête : cela peut venir du manque de caféine des grands amateurs de café. On peut incriminer l’élimination rapide d’eau les premiers jours ainsi que la mobilisation des toxines. On peut soutenir avec un lavement, en buvant abondamment, mettre un peu de sel dans le bouillon de légumes, se reposer et d’oxygéner. Utiliser des huiles essentielles de lavande ou de menthe poivrée sur les tempes, boire des tisanes de camomille ou de romarin.

. Douleurs lombaires : L’articulation charnière qui relie le bassin aux vertèbres lombaires est fortement sollicitée. Dans les premiers jours de jeûnes, l’élimination d’eau peut provoquer un léger déséquilibre minéral et des modifications de l’hydratation des disques intervertébraux. Le métabolisme physiologiquement plus acide du jeûne peut aussi provoquer des douleurs lombaires. La chaleur appliquée sur la zone douloureuse, certains étirements, la prise abondante de liquide apportent un soulagement.

. Brûlures d’estomac, ballonnements : Au début de jeûne, les sécrétions acides de l’estomac ne sont pas tamponnées par la nourriture et peuvent irriter la muqueuse gastrique. Le calme et la détente freinent la production d’acide ainsi que les tisanes (camomille, anis fenouil, cumin) et les jus de raisin et de betterave à diluer dans l’eau.

. Faim : Le jeûneur ne souffre généralement pas de la faim : il est branché sur ses réserves qui relâchent dans le sang les graisses et autres substances dont son corps a besoin. Parfois la faim peut indiquer que le nettoyage intestinal n’a pas été complet. Il faut refaire une purge. Si l’on a en permanence faim, cela signifie que l’on est resté, pour des raisons physiques ou psychologiques dans un stress initial et le jeûne ne peut se déployer. L’accompagnateur au jeûne est là vous vous aider.

. Dépression, angoisse, tristesse : bien que le jeûne améliore l’humeur, des phases dépressives peuvent se manifester. Manifestation de sentiments refoulés, carences inconscientes, deuil non faits… doivent être vus comme des chance d’améliorer l’équilibre émotionnel en résolvant les conflits devenus conscients.

. Crise curative, crise d’élimination, crise d’acidose ou crise de détoxination (3 ou 4ème jour)

Le plus difficile n’est pas de se priver de nourriture, le passage délicat peut être la crise d’acidose. Cette crise de détoxination apparaît en général au 3ème jour ou 4ème jour de jeûne. Cela peut se traduire par des nausées, faiblesses, migraines, sueurs, fièvre, tremblements et une urine très foncée. Cette période passée c’est le bonheur, la faim disparaît et le corps fabrique lui-même son alimentation à partir de ses réserves. Le taux d’acidité augmente dans les urines, c’est pourquoi nous appelons ce passage l’acidose. Néanmoins le corps lui-même ne devient pas acide. Daniel Kieffer, naturopathe, l’appelle la crise curative. Les symptômes liés à une problématique ou une maladie existante peuvent s’aggravent mais en réalité c’est le corps qui déploie toute la nouvelle vitalité disponible pour engager un push ultime contre la maladie. Les douleurs peuvent parfois devenir très fortes, migraines, douleurs articulaires, anciennes blessures, goutte, arthrite, fièvre, éruptions, vomissements, diarrhées, urines chargées. C’est à ce moment-là que nous avons le plus besoin d’être accompagné car nous pouvons confondre une crise curative avec un manque alimentaire.

Toutes ces manifestations sont autant de signes qu’un travail de détoxination s’effectue.

Les sels minéraux, oligo-éléments et vitamines ne subissent guère de transformation. Et ils existent suffisamment dans votre organisme pour pouvoir jeûner plusieurs jours sans problème. Les tissus vitaux tels que le cœur, le cerveau, les poumons maintiennent leurs fonctionnements en cours de jeûne en utilisant les réserves.

Les réserves utilisées sont celles des tissus les moins utiles. Seuls les tissus anormaux, les tumeurs, les exsudats et les dépôts sont consommés pour nourrir les parties vitales de l’organisme. Voilà qui tombe plutôt bien !

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